Longuerue
Hommage à Rafaël Pividal
Portrait
octobre 2006, par ATN

Rafaël Pividal est décédé des suites d’un cancer le 2 octobre à Paris, à l’âge de 72 ans. Ecrivain et philosophe, il était l’auteur d’une trentaine d’ouvrages. Il avait choisi de vivre à Longuerue, dans le canton de Buchy, avec sa femme Annick Pividal, maire de la commune, qui a bien voulu nous en parler.
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Rafaël Pividal, une dernière page d’écriture
« Il écrivait sur des cahiers, d’une belle écriture et d’un seul jet » comme en témoigne cet exemplaire d’une nouvelle encore jamais publiée.

Né en Argentine près de Buenos Aires en 1934, d’une mère française et d’un père argentin qu’il perd à l’âge de 10 ans, Rafaël vit au sein d’une famille de 6 enfants. Il fait des études au lycée français de Buenos Aires. Il souhaite voyager et donne des leçons particulières pour payer son voyage vers la France en 1952. Il hésite entre les mathématiques et la philosophie et obtient son agrégation de philosophie en 1961. Remarqué par Lévi-Strauss, il aura été professeur dans un lycée peu de temps, professeur à la faculté après un an à Alger puis professeur de sociologie de la culture à la Sorbonne de 1964 à 1999. Entouré de collègues, amis littéraires et écrivains, Rafaël Pividal côtoie Pierre Bourdieu, le sociologue énervant, Claude Lévi-Strauss, l’immortel sociologue structuraliste, Jean-Paul Sartre, philosophe français existentialiste, Pierre Clastres, ethnologue américaniste – l’un des rares anarchistes de la discipline ou encore François Chatelet, historien de la philosophie – philosophie politique et penseur de l’histoire… Rafaël écrira des romans, nouvelles et essais, il sera publié par plusieurs maisons d’éditions, participera à des émissions de radios et télévision « en bénéficiant toujours d’une très bonne presse », témoigne sa femme.

Lire et écrire, un besoin ?

« Il y a beaucoup d’ironie, d’absurde et d’humour parfois caustique dans ses textes. Dans la vie courante aussi, Rafaël avait beaucoup d’humour jusqu’à inventer des personnages d’autant qu’il avait une très bonne mémoire ». Très proche de ses enfants Isabelle et Sébastien, il savait répondre à leurs interrogations. Sa fille dira d’ailleurs que c’est « une encyclopédie qui se perd ». Rafaël Pividal aimait l’écriture mais il lisait beaucoup aussi. Avec la maladie, la lecture est devenue un soutien et le « besoin de lire était peut-être plus fort que la morphine ». Rafaël reste très digne dans la maladie, il ne se plaint jamais. En 2001, la maladie l’oblige à rester plus souvent sur Paris pour être suivi à Villejuif. En 2004, malgré une opération difficile, Rafaël écrit un roman, une nouvelle et poursuit sa thèse d’état sur la Narration.

La vie à Longuerue

La famille Pividal est installée à Longuerue depuis 1975. Rafaël aimait participer à la vie locale et apportait parfois ses conseils à son épouse, qui reconnaît avoir eu « un grand soutien », elle poursuit : « même s’il n’était pas un grand bricoleur, il a porté comme les autres des sacs de ciments pour la construction de la salle des fêtes. Rafaël n’était pas vaniteux, c’est ce qui m’a séduit chez lui. Il savait rester humble, sauvage et secret, il aimait la liberté, c’était un équilibre formidable. Nous avons eu 30 ans de bonheur… Même dans la maladie, c’était un plaisir de l’aider, ce que disent également les personnes qui l’ont soigné. Il nous a montré sa grande courtoisie, sa force et son courage, tout en poursuivant l’écriture, le savoir et la connaissance jusqu’à la fin ». Aujourd’hui, il reste à faire publier ses deux dernières nouvelles, un roman et sa thèse d’état sur la Narration.

Ses œuvres :

• Une paix bien intéressante, 1963 • Tentative de visite à une base étrangère, 1969 • Pas de quartier pour Paris, 1971 • Le Capitaine Némo et la science, 1972 • Emily et une nuit, 1974 • La Maison de l’écriture, 1976 • La Maison de l’écriture, 1976 • Pays sages, 1977 • La Tête de Louis XVI, 1978 • Le Pré joli, 1979 • Le Faux Prêtre, 1980 • La Découverte de l’Amérique, 1981 • La Montagne fêlée, 1985 • Grotius, 1986, prix Sainte-Beuve • Le Petit Marcel, 1989

Non publiées :

• L’île K19 • La fête du têt • La faillite nous voilà + Thèse d’état sur la Narration


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